Rousselet : de la G7 à Canal+, tout n’est peut-être pas faux mais il n’y a probablement rien de sincère

C’est  le mois dernier, avec l’annonce du décès d’André Rousselet, que j’ai découvert ce livre d’entretiens autobiographiques co-signé avec Marie-Eve Chamard et Philippe Kieffer.

La lecture est agréable, le ton est enjoué, la confidence – réelle ou mise en scène – est toujours là prête à surgir mais cela ne sent pas, mais pas du tout, le parfum de la sincérité d’autant que les rares tranches de vie  vérifiables (par recoupement avec d’autres bios ou monographies)  sont rarement « raccord »… c’est ennuyeux.

Indifférent au parcours politique, j’étais motivé par l’aventure entrepreneuriale G7 puis  Canal +, rendez-vous compte : une G7 moribonde qui se redresse en un temps record – quelques mois – pour dégager aujourd’hui un ratio de rentabilité à faire pâlir d’envie une maison champenoise !

Et comme si ça ne suffisait pas à éveiller l’intérêt, se dire que cette société prend de plein fouet l’Uberisation de son activité, c’est le cas de le dire, et tenter par là même de comprendre…

–        Pourquoi ne l’a-t-elle pas vu venir ( pas de cellule de veille ? pas de comité prospectif ? pas assez de concurrence depuis trop longtemps ?)

–        Et comment va-t-elle surmonter l’obstacle sachant la prime au premier qui est – presque – une règle de l’économie numérique.

Si le livre est agréable à lire – un peu comme « Truman show » est agréable à regarder – il n’apporte aucune réponse fiable : Tout ce qui est écrit n’est peut-être pas faux mais il est simplement  impossible que ce soit sincère.

Aucun des entrepreneurs qui liraient ce blog ne peut croire ce que décrivent les pages consacrées à la re-naissance de la G7.

Si le montage juridique imaginé par le repreneur Rousselet est  plus qu’astucieux, pour ne pas dire plus qu’intelligent, jamais on n’acceptera l’idée que les capitaux nécessaires surgissent opportunément « par hasard », que le plus qu’impécunieux et inexpérimenté repreneur se retrouve ainsi solidement soutenu par des investisseurs peu regardant ET, par on ne sait quelle grâce, co-propriétaire à parts égales d’un casino à Annecy.

Pour ne prendre que quelques exemples.

C’est ce que j’essaie d’exprimer  en écrivant que si les faits sont là, l’explication de leur survenance laisse pantois.

Bien sûr, chacun sait qu’il faut aussi de la chance aux audacieux pour réussir en affaires mais il n’était pas indispensable de prendre les lecteurs pour d’aimables crétins confits d’une crédule admiration !

Cela dit, je recommande bien volontiers le livre pour sa fraicheur : de la même manière que je recommanderais un film comme  « Truman show » : une belle histoire agréable à lire mais qui ne doit surtout pas être prise pour argent comptant (contant ?)

 

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