Le libéralisme est-il une liberté fondamentale de l’entrepreneur ?

Soyons clairs, je parle ici des fondateurs de dynasties et, au risque de voir s’effondrer le nombre de mes amis, je ne pense pas un instant au million d’auto-entrepreneurs dont le statut n’est souvent pour beaucoup que le triste substitut à une recherche d’emploi infructueuse… Mais j’y reviendrai plus loin.

L’entrepreneur dans son acception absolue est une personne sans foi ni loi.

Elle n’a que faire des règles, des lois, des principes, de l’éthique, elle ne connaît que l’objectif qu’elle s’est fixé – souvent le gain mais pas nécessairement – qu’importe le prix à payer par les victimes : ouvriers, environnement, société, clients etc.

Si on regarde ce que le temps nous a offert en exemples, nous n’y voyons que des tueurs.

Des tueurs dont l’histoire aura eu la généreuse délicatesse de gommer les aspérités : Henry Ford, Louis Renault, Joseph Kennedy, Du Pont de Nemours, Krupp, Singer etc. Mais aussi plus près de nous Bouygues, Pinault, Bolloré, Arnault, Mittal pour ne citer que des proches et plus tous jeunes quand ils ne sont pas décédés.

Pour ceux qui en douteraient encore et qui n’ont ni le temps ni l’envie de lire les biographies des éminents Tycoon précédemment cités, je propose de (re)visionner l’excellente série américaine « BreaKing bad » ou le non moins excellent film « There will be blood ».

Outre qu’ils procurent toujours un réel plaisir, l’un et l’autre devraient être projetés dans les écoles de commerce. Tout y est et rien n’y manque.

En conclusion provisoire je dirai que le libéralisme est une doctrine or l’entrepreneur n’a que faire de doctrine. Il ne connaît que le but et la qualité des moyens pour y parvenir ne se mesure qu’à l’efficacité dont ils feront preuve.

Qu’on ne prétende pas le contraire ou bien que soient fermées toutes les filiales off-shore destinées à s’affranchir des règles fiscales ou sociales et que soient remboursées toutes les factures payées en espèces et opportunément oubliées (ceci pour les auto-entrepreneurs qui me liraient).

Du reste, concernant les auto-entrepreneurs, la légitimité de certains (notamment dans le bâtiment) est aussi construite sur un contournement des règles dont n’importe quel artisan traditionnel saura mieux que moi vous expliquer l’ignominie. Je ne porte pas ici de jugement de valeur, j’énonce des faits.

Néanmoins, il y a aussi quelquefois le citoyen.

Un peu comme Dr Jekill et Mr Hyde, il arrive que le citoyen côtoie malgré lui l’entrepreneur. Cela est rare mais cela arrive.

J’ai de ce point de vue une pensée particulière pour Antoine Riboud, Hubert Beuve-Mery, André Godin ou bien encore pour le fondateur éponyme de Bombardier et il est intéressant de noter que la contrainte à laquelle se plièrent de bonne grâce ces entrepreneurs particuliers fut chaque fois de même nature !

Si leurs parcours sont fascinants, et exemplaires, ils n’en sont pas moins des exceptions faites pour confirmer la règle car conscience sociale (ou sociétale) et entrepreneuriat sont comme l’huile et l’eau. Ils sont incompatibles et seule la contrainte exogène parvient à les faire cohabiter.

Comme une émulsion obtenue par la contrainte et contenue par la pression, cette cohabitation ne peut être stable dans le temps et l’une des composantes cherchera toujours à prendre le pas sur l’autre.

Ce qui pose d’ailleurs la question du politique en ces heures d’élections, politique qui, idéalement, ne doit être fait ni d’eau ni d’huile pour remplir son rôle de chimiste d’une « économie responsable ».

 

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