La place de l’IE en France et ailleurs… à moins que ce ne soit l’inverse !

Le nombre de formations dispensées.

Il est très inégal quand on compare France, Suisse, Grande-Bretagne, Canada et Etats-Unis : la France caracole loin devant tant en volume (40 à quasi égalité avec les Etats-Unis) mais loin derrière la Suisse si on rapporte le nombre de formations dispensées au nombre d’habitants.

Certes, rapporter le nombre de formations au nombre d’habitants ne préjuge pas de nombre d’étudiants formés mais tout de même.ux

En outre, Patricia MURCA MORGADO qui inspire ces lignes explique [1] qu’en France le nombre important de formations (en valeur) est du à la volonté d’Alain Juillet qui en fît un de ses objectifs principaux. On verra plus loin que ceci explique – peut-être aussi – d’autres caractéristiques très gallo-universitaires.

L’orientation des formations

Dans un chapitre consacré à l’orientation des formations (les sujets vers lesquels sont tournées ces formations) l’auteure a intelligemment repris les descriptifs de cours pour en faire des nuages de tags…Diapositive3

Regardons pour chaque pays les 4 tags les plus prégnants :

ainsi que s’ils se distinguent par leurs caractéristiques opérationnelles ou plus fonctionnelles

Bien évidemment, les choses ne sont pas aussi manichéennes mais, aux raccourcis près, on voit qu’un certain équilibre se dégage entre vision opérationnelle de l’I-E et vision fonctionnelle à la réserve toutefois des acceptions retenues dans leDiapositive3s descriptifs de cours et, surtout, de la réalité des cours dispensés…

Le nombre de thésards

Attention, surprise :

En 20 ans, la France aura produit 3 fois plus de thèses que le total cumulé des 4 autres pays sur la même période ! [2]

188 thèses sur le sujet en France entre 1998 et 2016 quand les autres oscillent autour de 14 et les US à 26.

Pour Christian Marcon, ce serait « l’apparition de thèses sur un sujet [qui] montre que les chercheurs universitaires expérimentés l’estiment suffisamment dense et complexe pour justifier d’engager un apprenti-chercheur sur un tel axe de réflexion ». On laissera à Christian cette vision des choses et on le remerciera de nous alerter sur l’existence possibles de chercheurs universitaires habilités ET inexpérimentés.

Beaucoup d’entre nous qui ont côtoyé le monde de la recherche en France (Ch. Marcon enseigne à l’Université de Poitiers et a dirigé le CEREGE) savent que les choses ne se lisent pas exactement ainsi de l’intérieur. C’est là un de nombreux marqueurs de notre exception Gallo-Universitaire évoquée supra.

L’opérationnalité de l’I-E

Sans nécessairement conclure que la France produit des thésards quand nos concurrents produisent des dirigeants, il faut toutefois considérer le nombre de masters selon les pays et je vous renvois ici au travail de madame MURCA MORGADO qui montre la place dominante des US et de la Suisse (proportionnellement au nombre de formations dispensées).

Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Réjouissons-nous cependant que la France ait écouté les arguments d’Alain Juillet. Où en serions-nous aujourd’hui s’il n’y avait eu des Alain Juillet, des Pierre Fayard et s’il n’y avait plus de Nicolas Moinet ou de Christian Harbulot ?

Qu’il y ait eu des pertes en ligne, c’est dans l’ordre des choses car c’est de la multiplicité que naissent les opportunités darwiniennes et qu’importe qu’une partie des enseignants chercheurs soit drapée d’imposture tant que nos étudiants seront formés par des gens comme Camille Alloing.

Toutefois il conviendra désormais que la France gagne en compétences – en densité – pour quitter le monde des veilleurs et rejoindre le Valhalla des stratèges.

André Anglade

Andre@anglade.tours.

Je ne veux pas finir sans remercier Patricia MURCA MORGADO et rendre hommage à son – excellent – travail.

[1] Patricia MURCA MORGADO dans travail de Bachelor HES comparant la place donné à l’Intelligence économique (I-E) aux Etats-Unis, au Canada, en Grande Bretagne en France et en Suisse

[2] A la réserve toutefois de la Suisse dont les formations en I-E sont plus récentes.

Addendum : le hasard d’Internet et l’entrelacs des réseaux sociaux me mettra sous les yeux l’article d’un certain  relayé et commenté par Nicolas Moinet que je cite dans ces lignes. j’en livre le lien ici pour illustrer s’il le fallait cette particularité gallo-universitaire qui nous caractérise.

 

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