globalisation et identité

 Dans la rubrique « écrits oubliés et retrouvés » je vous propose ce texte de Michel Godet.

Saisissant d’actualité. Notamment l’alinéa sur la globalisation et l’identité qui m’incline à penser que les chinois sont de redoutables adversaires qui, chaque jour, gagnent un peu plus de puissance.

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Chacun à son niveau doit pouvoir comprendre le sens de ses actions, c’est-à-dire les restituer dans le projet plus global dans lequel elles s’insèrent. L’implication des hommes n’est pas le seul facteur contribuant à la nécessité d’une vision globale. En effet il n’existe guère de problèmes qui puissent être isolés, et l’on assiste au contraire à une montée de l’interdépendance des problèmes voire de leur enchevêtrement croissant. La complexité des éléments et des relations à prendre en compte et la nécessité de les mettre dans une perspective globale rendent l’analyse particulièrement difficile.

Cependant la nécessité d’une vision globale pour action locale a trop souvent conduit à oublier que seule la réflexion devait être globale pour éclairer une action locale, par nature différenciée, car il n’y a pas de solution unique et globalisante aux grands problèmes communs des sociétés développées. En effet on qualifie trop souvent de globaux des problèmes qui ne sont que communs à certains pays tel le chômage ou la baisse de natalité mais dont l’ampleur varie fortement d’un pays à l’autre car elle dépend de facteur spécifiques souvent socioculturel. C’est le principe de contingence qu’on retrouve.

Aveuglés par des clichés globaux… on est tenté de rechercher face aux défis actuels, des solutions uniformes et centralisées. Ces solutions sont illusoires car une société ne fonctionne pas comme une chaudière que l’on pourrait régler de manière centralisée. Selon le principe de contingence, il faut mettre la vision globale au service des mille et unes solutions locales.

L’ouverture de la mondialisation se fait d’autant mieux qu’elle prend appui sur de profondes racines et sur une forte identité. S’insérer dans la mondialisation ce n’est pas perdre sa différence, mais la cultiver.

Dans une entreprise ou un territoire, le développement est d’abord le fruit d’une dynamique endogène. La réalité du terrain montre ainsi que les clichés de l’aménagement du territoire, comme la métropolisation des activités et des empois et le rôle clé des infrastructures, ne sont pas fondés : ce ne sont pas les infrastructures qui font le développement, au mieux elles l’accompagnent.

Entre les territoires et les entreprises qui gagnent ou qui perdent, ce sont bien les hommes et les organisations qui font la différence.

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Michel Godet – 1997

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