En IE comme en tout, le client se moque de ce que fait le prestataire, il veut savoir ce que ce prestataire fera pour lui.

L’Intelligence Economique n’aurait pas le poids économique qu’elle devrait écrit-on de ci, de là.

Intelligence Economique (IE), chacun peut en adopter la définition qu’il veut ; pour ma part j’ai choisi celle-ci : « la collecte de données hétérogènes dans une perspective d’action à caractère économique  ou de réflexion stratégique ou tactique ».

Ainsi donc, la mise en œuvre (interne ou externe) d’une cellule ad ’hoc aura pour conséquence

–        d’alimenter l’action des structures opérationnelles de l’entreprise

–        OU d’alimenter la démarche prospective  de sa direction.

Pour atteindre ces 400 millions d’€uros d’activité de l’IE en France, les actuels opérateurs sont  de 3 ordres

–        Ceux qui conçoivent et commercialisent des outils de collecte

–        Ceux qui collectent et agrègent (dans le meilleur des cas)

–        Ceux qui agrègent et analysent

On peut ajouter un quatrième  ordre avec les rares cabinets qui accompagnent  leurs clients de leurs conseils stratégiques.

Ne souhaitant me fâcher avec personne – et surtout éviter d’écrire des sottises – je me garde de citer des noms mais, tout de même :

Entre une structure nationale dont les antennes régionales n’ont d’autre vocation que de faire des « analyses » à 6 000 €uros sur des entreprises… qui sollicitent des subventions et des start-up  à l’algorithme magique qui « scrutera » Twitter (j’exagère à peine), tout ça ronronne gentiment et sent un peu l’entre- soi !

L’IE est mon métier depuis un peu plus de 2 décennies (1996, quand je suis tombé dedans),  j’ai suivi des cours de remise à niveau en 2001 (Master) puis me suis inscrit en Master II en 2015 dans la perspective d’un doctorat[1].

J’ignore si cela peut me conférer le titre d’expert ou de spécialiste mais je doute que beaucoup parmi nous aient à la fois un vécu aussi long et, de surcroit, pris soin d’une mise à niveau radicale à un âge aussi avancé.

Ceci pour dire quoi :

–        Pour dire que les entreprises n’hésitent pas à « acheter » de l’IE quand l’IE a effectivement quelque chose à vendre. Quand j’écris effectivement je veux dire une authentique valeur ajoutée.

–        Que cette valeur ajoutée peut être opérationnelle (Veille marchés, Veille risques etc.)

–        Qu’elle peut être tactique (Veille concurrentielle, veille technologique etc.)

–        Ou stratégique et en général sur un mode prospectif.

Pour dire aussi que, sous réserve des acceptions sus mentionnées, rares sont les entreprises qui adoptent une réflexion stratégique, qu’il y en a peu qui prennent le temps d’une démarche tactique et que la majorité sont dans un opérationnel dont la ligne d’horizon est fixée par le carnet de commandes.

Ce n’est pas faire injure aux entreprises, c’est un fait.

Le client se moque de ce que fait le prestataire, il veut savoir ce que ce prestataire va faire pour lui. La nuance est de taille.

[1] Votre dernier diplôme doit avoir moins de 3 ans si vous souhaitez vous engager pour un doctorat, fut-ce une DBA.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *