En attendant Godot, Amazon dialogue avec R2-d2 !

Lors d’un workshop de prospective, je faisais travailler cette semaine mes étudiants sur les modèles économiques d’entreprises comme La Poste, Tesla, Blue Car, Amazon, Orange ou LG et ce que ces modèles avaient (ou pas) de disruptif.

Au passage je leur demandais comment une entreprise comme La Poste pouvait avoir ainsi raté systématiquement  le coche depuis 20 ans :

–        Livrant le courrier « point à point » elle aurait du devenir le leader mondial de la gestion des E-Mail en 95/2000 et être aujourd’hui G-Mail et Facebook ou Linkedin.

–        Hyper spécialiste de la logistique automatisée (tri et colisage) et doté des ressources pour l’acheminement  « au point de livraison », elle aurait du inventer Amazon.

–        Quand Orange absorbe une banque en lorgnant à la fois vers le paiement sans contact, le big data et – probablement – les perspectives du bit coin, la banque postale se met à peu près au niveau qu’avait le Crédit Lyonnais en 1992 !

Ce n’est évidemment pas pour critiquer une entreprise par ailleurs très respectable[1] que je prenais ces exemples mais pour expliquer qu’il existe une différence entre « ce que fait une entreprise » et « ce pour quoi elle est faite » (Cours élémentaire de stratégie chapitre « école de la conception ») et qu’à ne regarder une entreprise que pour ce qu’elle fait, un Président la mettra en péril.

Ne riez pas, j’ai des noms et au passage transmettez mes amitiés à Charles Picasso ou Thierry Launois pour n’en citer que deux parmi les plus sympathiques.

Ayant peiné à trouver où se cachaient les ruptures dans les modèles observés, mes chères têtes blondes furent ébaubies quand il apparu qu’il n’était pas interdit de trouver un point commun – un socle stratégique commun – entre Tesla ou Blue Car, Amazon, Orange et LG…

Qu’un produit alimentaire doté d’une puce RFID savait dialoguer avec un réfrigérateur LG, qu’un réfrigérateur connecté savait dialoguer avec un méta fournisseur tel Amazon via Orange (qui porterait la transaction financière), qu’un véhicule autonome  savait seul reconnaitre et livrer un colis et son destinataire et qu’il ne manquait plus à tout cela qu’un « concierge électronique » en mesure de réceptionner la livraison pour que le monde décrit par Eric Schmidt en 2010 devienne réalité en 2017[2].

Amazon l’a fait et La Poste attend toujours Godot[3].

http://www.usine-digitale.fr/article/colis-prive-experimente-une-nouvelle-boite-a-colis-connectee.N484114

[1] On peut à cet égard féliciter La Poste et ses dirigeants pour l’apparente paix sociale maintenue jusqu’à présent malgré une probable tension sur le personnel et ses conditions de travail.

[2] « En réalité, je pense que les gens ne veulent pas que Google réponde à leurs questions. Ils veulent que Google leur dise ce qu’ils doivent faire. » Wall street journal 2010, PDG de Google Eric Schmidt »

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/En_attendant_Godot

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