Deux livres, deux parcours, un lecteur.

Qu’y a-t-il de commun entre Pierre Kosciusko Morizet, fondateur de Price Minister, et Alexandre Taillefer principal associé de XPND Capital ?

Le premier, français, est « frère de », « fils de » et « petit-fils de »,

le second est québécois.

Nés tous les deux dans les années 70, Pierre est issu des meilleures écoles qui forment l’élite internationale quand Alexandre obtiendra un diplôme honoris causa d’HEC Montréal en ayant brillamment couronné d’échecs son jeune parcours universitaire.

Leurs vies seraient presque des caricatures, version francophone, de « Amicalement votre », cette série des années 70 !

Or il se trouve que PKM a écrit quelques pages sur PriceMinister [1] et le chemin qui l’y amena depuis son confortable bureau New-Yorkais et qu’Alexandre Taillefer prodigue ses conseils d’entrepreneur à sa fille dans un petit fascicule [2] d’une centaine de pages.

Le lecteur compulsif que je suis de bios et de monographies consacrées à l’entreprise et à leurs dirigeants trouve là l’occasion de comparer sans juger.

Et c’est tant mieux parce qu’il n’y a rien de comparable entre les deux cheminements.

D’abord l’objectif.

Quand Alexandre Taillefer crée sa (ses) première(s) société(s) on sent qu’il est plus question d’en tirer un revenu –  en comblant un besoin à la conquête de son marché – que de réaliser l’opération financière tournée vers la chasse aux investisseurs – puis au repreneur que sera Rakuten – de Pierre Kosciusko Morizet.

Puis la méthode.

De même si la chance est une compagne de route bienveillante pour chacun des deux protagonistes – et le succès des affaires ne saurait s’en dispenser – elle ne prend ni la même forme ni les mêmes chemins.

Le français donne l’impression de l’enlever au galop et de la forcer, tel un hussard volontaire, quand le québécois la croise, ingénue au détour opportun du sentier, et la séduit par des vérités quelquefois un peu arrangées.

Mais le plus intéressant n’est pas là.

Ce que je trouve réjouissant et conforte mon optimisme est le succès que rencontrent ces deux créateurs d’entreprises alors qu’il n’y a visiblement pas plus différents qu’eux.

Le français déploie consciencieusement ce qu’on lui a appris quand le québécois apprend à marcher en marchant,

le premier a toutes les fées du capitalisme à la française qui se penchent sur le berceau de son projet quand l’autre ruse et navigue entre l’adversité des banques et la rugosité des affaires.

Mais, surtout, les deux ont un regard sur la société qui, toutes choses égales par ailleurs, rejoint le regard que leurs parents ont eu sur la leur et n’est déjà plus le regard de nos enfants !

Bien sûr, le succès et les dollars aidant les comportements tendent à converger.

Aujourd’hui Alexandre Taillefer est un pluri investisseur avec son fond XPND Capital et s’investi personnellement dans la promotion de sa société de taxis électriques en affichant des idées « progressistes » à même de séduire son futur électorat.

Il rejoint Pierre Kosciusko Morizet, cofondateur et Président du Comité Stratégique du fonds d’investissement des entrepreneurs de l’Internet ISAI[, au moins dans sa capacité d’analyse bilancielle des sociétés qui l’intéressent.

Conclusion provisoire.

L’apprentissage est important mais l’essentiel n’est pas là.

L’essentiel c’est l’audace : Oser, oser, oser encore jusqu’à rencontrer le succès.

 

[1] Priceminister – Toutes Les Entreprises Ont Été Petites Un Jour Pierre Kosciusko-Morizet. Carnets De L’info/Scrinéo – 2010

[2] « Lettres à une jeune entrepreneure » Alexandre Taillefer avec Pierre Cayouette. Vib éditeur. Octobre 2017.

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