Compte de campagne d’Emmanuel Macron et commission de contrôle ad’hoc.

Ce matin 09 juin, le Parisien titrait « Comptes de campagne de Macron : une association anticorruption porte plainte » et à 13h, France-Inter ouvrait ses micros sur le même sujet « Emmanuel Macron : une campagne à tous prix »

Dans cette enquête – fouillée – Inter évoque des anomalies dans les comptes de campagne du Président.

Regardons le dossier non pas en militant de l’un ou l’autre bord – militant que je ne suis pas non plus – mais en patron d’entreprise que certains d’entre vous sont peut-être aussi.

Imaginons qu’un commercial de votre société reçoive une commande de location de salle et de services associés pour un meeting genre Kick Off.

Jusque là tout va bien.

Imaginons que cette commande soit celle d’un candidat à l’élection présidentielle et que vous vouliez « marquer » de votre empreinte les relations de votre société avec ce – possible – futur président.

Jusque là, rien d’anormal.

Sinon que les règles en matière de financement de la vie politique sont assez strictes.

Par exemple si une remise de 15 à 20% est considérée comme normale, une remise supérieure est possiblement considérée comme anormale SAUF si elle pareillement accordée à d’autres candidats.

PROBLEME :

1° vous n’êtes pas un juriste spécialiste du droit relatif aux élections (ou bien il faudrait que vous soyez spécialiste du droit de TOUS les secteurs d’activités de TOUS vos clients),

2° et en l’espèce, votre client se garde bien de vous informer de vos obligations et contraintes,

3° Or une remise exceptionnelle – on parle 70 ou 80 % – n’indique pas nécessairement que vous privilégiez CE candidat mais que vous privilégiez possiblement les relations de votre entreprise avec LES candidats…

4° sauf qui si aucun autre candidat ne fait appel à vous pour la même prestation, vous faites quoi ? Vous les prospectez au risque de compromettre votre stratégie ? Vous rappelez votre client pour lui faire un rappel de facturation ?

Bien sûr la question est hypothétique et sans parallèle possible – quoique – avec le dossier ouvert par France-Inter concernant les comptes de campagne d’Emmanuel Macron mais tout de même.

Ceci pour dire qu’une fois de plus le législateur est pris en flagrant délit d’incompétence :

–       Ignorant tout du monde de l’entreprise et de celui des affaires : 16 seulement sont ou ont été administrateurs ou dirigeants d’entreprise privée sur 577 députés dont presque 200 sont ou ont été fonctionnaires !

–       Convaincus qu’en faisant compliqué ils pensent résoudre les problèmes alors qu’en fait on ne fait qu’en accroitre les coûts.

–       Ignorant tout du caractère nécessairement retord des patrons d’entreprise (ce n’est pas un reproche, c’est un fait énoncé) ils sont incapables d’imaginer où sera la faille.

Evidemment que les candidats feront tout pour que leurs campagnes aient un impact maximum pour un coût optimum, quitte à mordre la ligne jaune.

Evidemment que les entreprises et leurs dirigeants feront tout pour que les candidats leur soient redevables, quitte à mordre la ligne jaune de bonne foi ou pas.

BILAN

Des « usines à gaz » incapables de remplir convenablement une mission de contrôle de toutes manières impossible à remplir et réclamant toujours plus de moyens.

Evidemment, la démocratie ne sortira jamais victorieuse de cet affrontement entre éthique, déontologie et carcan judiciaire… mais ne l’a t-elle jamais été ? (victorieuse).

 

* et ce dimanche, sur Inter toujours, l’actuel SG de FO argumentait – fort bien au demeurant – en évoquant l’ADN de Force-Ouvrière…. Or, en l’espèce la création de FO est en parfaite résonnance avec les lignes qui précèdent

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